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	<title>Dispatch/Box &#187; Gil Scott-Heron</title>
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	<description>“Non cogitant, ergo non sunt&#34; (Lichtenberg)</description>
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		<title>Saul Williams et Gil Scott-Heron @ Paris</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Sep 2010 19:41:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jeremy Jeanguenin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<a href="http://www.dispatchbox.org/index.php/2010/09/10/saul-williams-et-gil-scott-heron-paris/"><img align="right" hspace="5" width="50" height="50" src="http://www.dispatchbox.org/wp-content/4t-150x150.jpg" class="alignright wp-post-image tfe" alt="" title="Gil Scott-Heron" /></a>L&#8217;édition Jazz à la Villette 2010 accueillait, parmi une myriade de musiciens savoureux, le légendaire Gil Scott-Heron. C&#8217;est à Saul Williams que revenait la tâche – périlleuse – d&#8217;ouvrir pour cet homme de paroles qui se veut &#171;&#160;nouveau ici&#160;&#187;, Gil Scott-Heron. L&#8217;artiste, dans une polyphonie slammée/déclamée/haranguée/chantée, s&#8217;inscrit clairement dans la lignée de l&#8217;aîné qu&#8217;il introduit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;édition Jazz à la Villette 2010 accueillait, parmi une myriade de musiciens savoureux, le légendaire <a href="http://www.dispatchbox.org/index.php/2010/03/10/gil-scott-heron-retour-du-black-poet/">Gil Scott-Heron</a>.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.dispatchbox.org/wp-content/4t.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1783" title="Gil Scott-Heron" src="http://www.dispatchbox.org/wp-content/4t.jpg" alt="" width="414" height="560" /></a></p>
<p>C&#8217;est à Saul Williams que revenait la tâche – périlleuse – d&#8217;ouvrir pour cet homme de paroles qui se veut &laquo;&nbsp;nouveau ici&nbsp;&raquo;, <a href="http://www.dispatchbox.org/index.php/2009/07/26/gil-scott-heron-une-volonte-libre/">Gil Scott-Heron</a>. L&#8217;artiste, dans une polyphonie slammée/déclamée/haranguée/chantée, s&#8217;inscrit clairement dans la lignée de l&#8217;aîné qu&#8217;il introduit ce soir, tout comme des Last Poets : le mode talkover domine sur un fond principalement percussif, sans oublier la présence du tromboniste et multi-instrumentiste Julien Chirol. Le <em>Black Stacey</em>, comme il se définit dans l&#8217;une de ses propres compositions, lance une ouverture fracassante, un poème bombe intitulé  (<em><a href="http://www.youtube.com/watch?v=jzY2-GRDiPM&amp;feature=related">Coded Language</a></em>, que je pensais s&#8217;appeler <em>Whereas</em>), qu&#8217;il lit sur une sorte de parchemin. Saul Williams ne met guère longtemps à se mettre l&#8217;auditorium dans la poche. L&#8217;américain s&#8217;exprime d&#8217;ailleurs volontiers en français, avec un humour et une affabilité – entrecoupés de fous rires – tout naturels. Critiquant la politique états-unienne en matière de guerre (quoiqu&#8217;euphémisée et polie depuis l&#8217;arrivée d&#8217;Obama à la Maison Blanche), Saul Williams se fend même d&#8217;une petite pique désapprobatrice <em>&laquo;&nbsp;Nous, les USA, la guerre pas bon. Mais en France aussi Sarkozy, non c&#8217;est pas bon&nbsp;&raquo;</em>.</p>
<p>Après une bonne heure de show, une très rapide balance (doit-on lui attribuer un rôle dans ce qui vient plus bas), Gil Scott-Heron prend possession de la scène, costume gris et casquette de baseball, visage buriné mangé par une barbe sel, témoignant l’usure du bonhomme. <a href="http://www.dispatchbox.org/index.php/2009/07/26/gil-scott-heron-une-volonte-libre/">Gil Scott-Heron</a> est heureux d’être à Paris, il n’y a aucune feinte dans son attitude. Il serait même l’anti-rap à lui-même. Parler de soi sans tomber dans la vulgate « mon blase-ma gueule-mon trip ego »,  <em>exeunt</em> les autocélébrations du rap streetwear. D’ailleurs, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais Scott-Heron ne porte ni bijoux ni tee-shirt à slogan. Fin de la digression.</p>
<p><a href="http://www.dispatchbox.org/index.php/2009/07/26/gil-scott-heron-une-volonte-libre/">Gil Scott-Heron</a> prend la parole, pas pressé d&#8217;envoyer un répertoire prestigieux que d&#8217;aucuns pourraient s&#8217;attendre à le voir s&#8217;enchaîner à la <em>vas-y-que-je-te-pousse</em>. Il se pose. Marche quelques allers-retours en prenant le temps de cueillir chaque regard, palpant l&#8217;atmosphère et ouvrant, riant, sur l&#8217;incise que porte son dernier opus : <em>I&#8217;m New Here</em>. Gil, avec une modestie tendre, nous annonce, que le plus important n&#8217;est pas d&#8217;apprécier la musique mais de s&#8217;amuser soi ! (<em>&laquo;&nbsp;You&#8217;re not supposed to enjoy the music, If you don&#8217;t – I don&#8217;t mind, but just enjoy yourselves !&nbsp;&raquo;</em>). Sur ce, l&#8217;artiste s&#8217;installe confortablement derrière un piano de type Fender Rhodes qui accompagne à merveille sa voix passée de ténor au quasi baryton, tannée par les années et teintée par des excès. Loin de l&#8217;orchestration soul-jazz de <em>Pieces of a man</em> (1970), dominée par la rythmique légendaire de Bernard Purdie et Ron Carter, la formation, sommaire et semi-acoustique, &laquo;&nbsp;The Midnight Band&nbsp;&raquo;, se résume à un pianiste/harmoniciste (dont les chorus m&#8217;ont beaucoup rappelé ceux de Stevie Wonder), un saxophoniste/flûtiste, un percussionniste jouant principalement des congas. Gil Scott-Heron semble se laisser aller au gré d&#8217;un petit picorage dans 40 années de musique, appuyant sa musique d&#8217;une sincérité jamais feinte. L&#8217;homme, nerveux et toujours enthousiaste, s&#8217;emballe parfois un peu (<em>Home is were the hatred is</em>, que je compte parmi mes titres préférés<em>, </em>a été exécuté si vite que ça a pas mal confiné au brouhaha – je n&#8217;arrivais même plus à suivre les paroles), mais se fait à d&#8217;autres et nombreuses occasions brillant et rassurant (<em>We almost lost Detroit</em> seul au Rhodes, impeccable ou le poignant <em>I&#8217;ll take care of you</em>). Sans oublier qu&#8217;il se lève souvent pour communiquer avec l&#8217;auditoire, logé dans une salle qui n&#8217;a pourtant que peu à voir avec l&#8217;ambiance intime des clubs qui ont vu naître <em>Small Talk At 125th And Lenox. </em>Si la mise en place musicale n&#8217;était pas parfaite, Gil Scott-Heron prouve néanmoins sa grande honnêteté musicale – où la poésie dégagée tient autant à la qualité intrinsèque de ses compositions qu&#8217;à l&#8217;événement qui consacre sa manière de relation au public –un sens de l&#8217;humour et de l&#8217;autodérision (<em>&laquo;&nbsp;You know, I&#8217;ve been sampled by many people!&nbsp;&raquo;</em>) et une maestria hors du commun. Un seul rappel sera offert par l&#8217;artiste, <em>Better Days Ahead.</em><br />
Le seul cliché de la soirée ? Des &laquo;&nbsp;yeahhhh&nbsp;&raquo; , &laquo;&nbsp;right man&nbsp;&raquo; hurlés dans le public comme s&#8217;il ont était dans la 52e rue de New York, qui, dans le contexte, semblaient franchement décalés.<br />
Et l&#8217;on sentait que le grand Gil voulait son concert parisien.</p>
<p>Qu&#8217;il revienne nous en-chanter, nous l&#8217;attendons.</p>
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		<title>Jazz @ la Villette édition 2010</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Jul 2010 18:17:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jeremy Jeanguenin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<a href="http://www.dispatchbox.org/index.php/2010/07/22/jazz-la-villette-edition-2010/"><img align="right" hspace="5" width="50" height="50" src="http://www.dispatchbox.org/wp-content/flyer_20101-150x150.jpg" class="alignright wp-post-image tfe" alt="" title="flyer_2010" /></a>Cette magnifique programmation se passe de commentaire !! Pour ma part, j&#8217;ai d&#8217;ores et déjà ma place pour voir jouer Gil Scott Heron. Mais j&#8217;en ai la possibilité, je ravirais aussi mes oreilles vaec Fred Wesley, Miroslav Vitous ou encore les légendaires fondateurs du rap The Last Poets.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cette magnifique programmation se passe de commentaire !! Pour ma part, j&#8217;ai d&#8217;ores et déjà ma place pour voir jouer Gil Scott Heron. Mais j&#8217;en ai la possibilité, je ravirais aussi mes oreilles vaec Fred Wesley, Miroslav Vitous ou encore les légendaires fondateurs du rap The Last Poets.</p>
<p><a href="http://www.dispatchbox.org/wp-content/flyer_20101.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1730" title="flyer_2010" src="http://www.dispatchbox.org/wp-content/flyer_20101.jpg" alt="" width="596" height="851" /></a></p>
<p><a href="http://www.dispatchbox.org/wp-content/flyer_20102.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1731" title="flyer_20102" src="http://www.dispatchbox.org/wp-content/flyer_20102.jpg" alt="" width="596" height="851" /></a></p>
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		<title>Gil Scott-Heron, retour du black poet</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Mar 2010 22:10:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jeremy Jeanguenin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<a href="http://www.dispatchbox.org/index.php/2010/03/10/gil-scott-heron-retour-du-black-poet/"><img align="right" hspace="5" width="50" height="50" src="http://www.dispatchbox.org/wp-content/4174596092_b4d633b6d4-150x150.jpg" class="alignright wp-post-image tfe" alt="" title="Gil Scott-Heron/I" /></a>Après avoir évoqué il y a quelques mois les premiers disques de Gil Scott-Heron, il est temps de revenir sur le personnage à l&#8217;occasion de la parution d&#8217;un excellent opus, sobrement et modestement intitulé I&#8217;m New Here (2010, XL Recordings). Les plus chanceux auront pu arracher leur place pour sa venue au New Morning (la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.dispatchbox.org/wp-content/4174596092_b4d633b6d4.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1527" title="Gil Scott-Heron/I'm New Here" src="http://www.dispatchbox.org/wp-content/4174596092_b4d633b6d4.jpg" alt="" width="500" height="500" /></a></p>
<p>Après avoir <a href="http://www.dispatchbox.org/index.php/2009/07/26/gil-scott-heron-une-volonte-libre/">évoqué il y a quelques mois</a> les premiers disques de Gil Scott-Heron, il est temps de revenir sur le personnage à l&#8217;occasion de la parution d&#8217;un excellent opus, sobrement et modestement intitulé <em>I&#8217;m New Here</em> (2010, XL Recordings)<em>.</em> Les plus chanceux auront pu arracher leur place pour sa venue au New Morning (la date de 2009 ayant été annulée tardivement pour quelque imbroglio juridique du sieur Scott-Heron) le 10 mai prochain.</p>
<p>Un disque empreint de la même pénombre soul que les premiers albums de Gil Scott-Heron, mais ici l&#8217;âge fait son office et plutôt bien. La production fait un usage raisonnable des boîtes à rythmes, lui conférant un aspect parfois très proche des sonorités sud-britanniques du trip-hop. L&#8217;écoute de <em>Me and The Devil</em> (qui n&#8217;est pas une reprise de Robert Johnson, bien que le thème prête à la confusion, désolé Franck !) suggère et déclenche un spleen immédiat, que seule la profondeur de la voix délicieusement tannée de Gil permet de ne pas voir totalement sombrer. Quelques réminiscences d&#8217;autres grande figures d&#8217;écorchés de la soul et du jazz qui ont brûlé leur vie par les deux bouts tout en survivant magnifiquement (c&#8217;en est presque indécent) :  Nina Simone, Ray Charles, Ella Fitzgerald&#8230;</p>
<p>L&#8217;intimisme (poussé jusqu&#8217;à s&#8217;accompagner avec une simple guitare acoustique sur <em>I&#8217;m New Here</em>) est l&#8217;une des clefs de la réussite de cette production ; il permet à Scott-Heron de se renouveler, de sortir du style feutré du tandem formé entre 1970/1980 avec Brian Jackson. On appréciera particulièrement qu&#8217;il ait renoué avec l&#8217;esprit des <em>Small Talks</em> de 1970. Car Scott-Heron remet quelques points sur les <em>i</em> de ceux qui confondent flow et gerbe vocale (impossible de compenser une inanité de discours, même avec de gros ressorts sous une paire de Nike, comme le laissaient déjà transparaître quelques salves acerbes mais justes issues de <em>Message to the Messengers</em>, pénultième album sorti en 1993 <em>&laquo;&nbsp;Four letter words or fours syllable words won&#8217;t make you a poet, It will only magnify how shallow you are and let ev&#8217;rybody know it</em>&nbsp;&raquo; – ce qui en français pourrait se traduire par <em>&laquo;&nbsp;Balancer des gros mots ne fera pas de toi un poète, ça frappera ton être du sceau de la superficialité, et le fera savoir&nbsp;&raquo;</em>. CQFD) : dans la lignée des Last Poets, il n&#8217;a pas démérité de son sobriquet de &laquo;&nbsp;godfather of rap&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Une écoute vaut mieux qu&#8217;un long monologue de ma part. Quittez vos écrans, allongez-vous et écoutez, abreuvez-vous du sirop mélancolique qui émane de cet excellent disque. Pour qui ne peut bourse délier, l&#8217;album est en <a href="http://open.spotify.com/album/60JXrFsIxXP6rqd4jdTfrn">version streaming sur Spotify</a>.</p>
<p>On murmure même que Gil Scott-heron pourrait faire un passage à l&#8217;édition 2010 de Jazz à la Villette !</p>
<p>Et rendez-vous sur Gonzaï pour y lire une <a href="http://www.gonzai.com/content/gil-scott-heron-lost-millième-saison">excellente chronique musicale</a> de cet ovni musical par Arnaud Sagnard.</p>
<p><p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=gbZVdj_d62M">http://www.youtube.com/watch?v=gbZVdj_d62M</a></p></p>
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		<title>Gil Scott-Heron : une volonté libre</title>
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		<pubDate>Sun, 26 Jul 2009 20:18:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jeremy Jeanguenin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<a href="http://www.dispatchbox.org/index.php/2009/07/26/gil-scott-heron-une-volonte-libre/"><img align="right" hspace="5" width="50" height="50" src="http://www.dispatchbox.org/wp-content/425378-150x150.jpg" class="alignright wp-post-image tfe" alt="Gil Scott-Heron et Brian Jackson © Droits réservés" title="425378" /></a>Le grand poète et musicien soul-jazz Gil Scott-Heron, qui vient de fêter ses 60 ans, sera sur les planches du New Morning ce 28 juillet 2009. Ne vous ruez pas pour acheter votre place : c&#8217;est déjà complet ! [rectification : la date parisienne a été simplement annulée pour des raisons que j'ignore] Fils d&#8217;une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_577" class="wp-caption aligncenter" style="width: 262px"><a rel="attachment wp-att-577" href="http://www.dispatchbox.org/index.php/2009/07/26/gil-scott-heron-une-volonte-libre/attachment/425378/"><img class="size-full wp-image-577" title="425378" src="http://www.dispatchbox.org/wp-content/425378.jpg" alt="Gil Scott-Heron et Brian Jackson © Droits réservés" width="252" height="294" /></a><p class="wp-caption-text">Gil Scott-Heron et Brian Jackson © Droits réservés</p></div>
<p>Le grand poète et musicien soul-jazz Gil Scott-Heron, qui vient de fêter ses 60 ans, sera sur les planches du New Morning ce 28 juillet 2009. Ne vous ruez pas pour acheter votre place : <span style="text-decoration: line-through;">c&#8217;est déjà complet !</span> <strong>[rectification : la date parisienne a été simplement annulée pour des raisons que j'ignore]</strong></p>
<p>Fils d&#8217;une bibliothécaire et d&#8217;un footballeur jamaïcain, petit-fils d&#8217;une grand-mère qui milita pour le Mouvement des droits civiques, Gil Scott-Heron a commencé par scander ses &laquo;&nbsp;Small talks&nbsp;&raquo; en 1970 (on lui attribue par conséquent, et peut-être un peu abusivement, l&#8217;épithète d&#8217; &laquo;&nbsp;instigateur du rap&nbsp;&raquo;), sur fond de soul-jazz (difficile à définir, mais ce mélange percussif de piano, basse, Fender Rhodes, percussions, cuivres préfigure probablement l&#8217;acid jazz).</p>
<p>Ses créations ont une portée politique (poursuite de la lutte pour les droits des noirs, refus du conservatisme de Nixon, Reagan et consorts – ou plutôt gougnafiers –, dénonciation précoce du contrôle des pensées par la télévision, devenue &laquo;&nbsp;objet pensant&nbsp;&raquo; de la démocratie).</p>
<p>Très tôt associé au claviériste-flûtiste (celle que l&#8217;on entend sur <em>The Revolution Will Not Be Televised </em>et<em> The Bottle</em>, entre autres) -- producteur Brian Jackson, il va sculpter un son soul très funky qui le place dans la même sphère musicale que les Head Hunters et Herbie Hancock, Roy Ayers, Kool &amp; the Gang &laquo;&nbsp;première manière&nbsp;&raquo;, Sly Stone ; tout en intégrant une variable jazz qui rend l&#8217;improvisation indispensable du <em>happening</em> &laquo;&nbsp;poético-musical&nbsp;&raquo;. Pour votre gouverne et parce que je regarde (ou plutôt, j&#8217;écoute !)  là où sont les basses fréquences, c&#8217;est le grand Ron Carter qui tient la basse et la contrebasse sur l&#8217;album <em>Pieces of a Man</em> (1971).</p>
<p>Gil Scott-Heron a par ailleurs publié un roman (<em>Le Vautour</em>, en 1969, qu&#8217;Olivier Cohen a eu la bonne idée d&#8217;éditer, confiant la traduction française à Jean-Pierre Ménard) et des recueils de poèmes (<em>The Nigger Factory</em>, 1972 ; <em>Now and Then : The Poems of Gil Scott-Heron</em>, 2001 ;  et <em>So Far</em><em>, So Good</em>, 1990).</p>
<p>La discographie de Gil Scott-Heron étant particulièrement copieuse et reflétant la constance du travail de cet artiste, je ne la reproduis pas ici en intégralité, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Gil_Scott_Heron">Wikipédia</a> en propose une suffisamment détaillée.</p>
<p>En revanche, je ne peux que recommander l&#8217;écoute des trois premiers albums : <em>Small Talk at 125th &amp; Lenox </em>(1970)<em>, Pieces of a man </em>(1972)<em>, et Free Will </em>(1973)<em>.<br />
</em></p>
<p>Enfin, le site français <a href="http://gilscottheron.free.fr">http://gilscottheron.free.fr</a> est incontournable en la matière et donnera au plus grand nombre l&#8217;envie d&#8217;aller découvrir son œuvre sonore et écrite. Un article du site <a href="http://www.newforms.net/fr/gil-scott-heron/biographie.shtml">NewsForm</a> par Florian aborde cette richesse de l&#8217;œuvre de Gil Scott-Heron.</p>
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