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	<title>Dispatch/Box &#187; Citations</title>
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	<description>“Non cogitant, ergo non sunt&#34; (Lichtenberg)</description>
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		<title>14 Ulica Próżna</title>
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		<pubDate>Sun, 04 Sep 2011 16:41:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jeremy Jeanguenin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<a href="http://www.dispatchbox.org/index.php/2011/09/04/14-ulica-prozna/"><img align="right" hspace="5" width="50" height="50" src="http://www.dispatchbox.org/wp-content/DSC02399-150x150.jpg" class="alignright wp-post-image tfe" alt="" title="Ulica Próżna" /></a>Pour Monika Próchniewicz. Ce qui va suivre est un témoignage du &#171;&#160;Camarade&#160;&#187; Bernard Goldstein (1889-1959). Le Camarade Bernard prit part à l&#8217;insurrection du Ghetto de Varsovie, en tant que figure éminente du Bund (Union générale des travailleurs juifs de Lituanie, de Pologne et de Russie). Le Bund était une organisation sociale-démocrate, juive antisioniste, opposée au [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Pour <a href="http://retors.net/spip.php?auteur10">Monika Próchniewicz</a>.</em></p>
<p>Ce qui va suivre est un témoignage du &laquo;&nbsp;Camarade&nbsp;&raquo; Bernard Goldstein (1889-1959). Le Camarade Bernard prit part à l&#8217;insurrection du Ghetto de Varsovie, en tant que figure éminente du Bund (Union générale des travailleurs juifs de Lituanie, de Pologne et de Russie). Le Bund était une organisation sociale-démocrate, juive antisioniste, opposée au bolchévisme. Elle prônait une culture juive diasporique, avec pour langue le yiddish (<em>yiddish daytsh</em>, forme de <em>Hochdeutsch</em> enrichi d&#8217;apports hébreux et slaves).  Comme son frère d&#8217;armes et ami Marek Edelman (1919-2009), autre figure majeure de l&#8217;insurrection du Ghetto de Varsovie et de la résistance à la barbarie nazie, de cachette en cachette, de cave en grenier, Bernard Goldstein parvint à s&#8217;échapper de l&#8217;extermination du Ghetto en 1943 pour survivre en zone aryenne. Il put par la suite prendre part à l&#8217;insurrection de Varsovie, en 1944.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.dispatchbox.org/wp-content/DSC02399.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-2044" title="Ulica Próżna" src="http://www.dispatchbox.org/wp-content/DSC02399-1024x768.jpg" alt="" width="574" height="430" /></a></p>
<p>J&#8217;ai choisi de citer une extrait de cette lecture, comme faisant écho direct à la photographie de l&#8217;entrée du bâtiment du numéro 14 Ulica Próżna, au centre de Varsovie que j&#8217;ai réalisée le 16 août 2011.</p>
<p>Le texte a fait l&#8217;objet d&#8217;une première traduction par E. Dal, jugée trop littérale ; elle fut remaniée par Viviane Clerck Ayguesparse. Le titre original en yiddish est <em>Finf yor in Varshever Geto</em>, paru en 1947 à New York.</p>
<p>Vous pouvez consulter le texte librement sur le <a href="http://www.editions-zones.fr/spip.php?page=lyberplayer&amp;id_article=81">site internet des éditions Zones</a>.</p>
<p><cite title="Bernard Goldstein, Ultime Combat">Zygmunt Igla était un jeune bundiste membre du syndicat des employés de commerce de Varsovie. Pendant toute l’occupation il avait milité dans notre organisation de résistance. C’était un garçon de haute taille, large d’épaules, présentant l’aspect d’un pur Polonais. Il était d’un courage étonnant. La nuit comme le jour, il ne se séparait jamais de son revolver chargé.</cite></p>
<p><cite title="Bernard Goldstein, Ultime Combat"> </cite></p>
<p><cite title="Bernard Goldstein, Ultime Combat">« Ils ne me prendront pas vivant », avait-il coutume d’affirmer.</cite></p>
<p><cite title="Bernard Goldstein, Ultime Combat"> </cite></p>
<p><cite title="Bernard Goldstein, Ultime Combat">Pendant le soulèvement du ghetto, Igla se battit vaillamment. Il réussit à s’évader et à gagner la forêt de Wyszkow. Il vint à Varsovie à plusieurs reprises pour chercher de l’argent et des instructions. Puis il s’installa rue Sliska. Au bout de peu de temps, il dut changer de résidence car des dénonciateurs l’avaient découvert. Il se rendit chez Jablonski, gardien de l’immeuble du n° 14 de la rue Prozna, un de nos hommes de confiance. Il nous avait procuré des logements et, en cas d’urgence, il cachait des amis chez lui pour la durée d’une nuit. Son domicile était l’un des points de rencontre de notre organisation de résistance. Il nous avait aussi beaucoup aidés à trouver des armes pour le soulèvement. Marysia Feinmesser assurait la liaison entre lui et nous.</cite></p>
<p><cite title="Bernard Goldstein, Ultime Combat"> </cite></p>
<p><cite title="Bernard Goldstein, Ultime Combat">Deux jours après qu’Igla se fut réfugié chez Jablonski, des gendarmes assiégèrent l’immeuble. Outre Igla, un camarade et une camarade de l’association Hashomer s’y terraient. Tous trois se barricadèrent et ouvrirent le feu sur les assaillants. La bataille dura plusieurs heures. Les gendarmes durent demander des renforts qui arrivèrent en auto blindée. Les soldats, appuyés par des mitrailleuses attaquèrent à coups de grenades. Nos trois héros résistèrent aussi longtemps qu’ils le purent. Ils périrent courageusement faute de munitions, non sans avoir blessé de nombreux Allemands.</cite></p>
<p><cite title="Bernard Goldstein, Ultime Combat"> </cite></p>
<p><cite title="Bernard Goldstein, Ultime Combat">Au moment du combat, Jablonski ne se trouvait pas chez lui ; mais il fut arrêté un peu plus tard. On le tortura, il ne parla pas. Il connaissait pourtant de nombreuses adresses de Juifs fugitifs.</cite></p>
<p>GOLDSTEIN, Bernard, <em>L&#8217;Ultime Combat : nos années au ghetto de Varsovie</em>, Zones. Paris, 2008, p.204-05.</p>
<p>© Pour la traduction : Éditions La Découverte, 2007. Zones est un label des Éditions La Découverte.</p>
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		<title>John Lennon, délires réédités</title>
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		<pubDate>Tue, 19 Oct 2010 12:13:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jeremy Jeanguenin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<a href="http://www.dispatchbox.org/index.php/2010/10/19/john-lennon-delires-reedites/"><img align="right" hspace="5" width="50" height="50" src="http://www.dispatchbox.org/wp-content/868340979_L-150x150.jpg" class="alignright wp-post-image tfe" alt="" title="Lennon_en flagrant délire" /></a>En flagrant délire, recueil de textes et dessins de John Lennon, reparaît dans une nouvelle maquette en poche dans la collection &#171;&#160;Pavillons poche&#160;&#187; chez Robert Laffont. La traduction est de Christiane Rochefort et Rachel Mizrahi. Évidemment le galimatias facétieux de Lennon (une sorte de langue de j&#8217;expire) leur a donné du fil à retordre aux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><a href="http://www.dispatchbox.org/wp-content/868340979_L.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1819" title="Lennon_en flagrant délire" src="http://www.dispatchbox.org/wp-content/868340979_L.jpg" alt="" width="500" height="500" /></a></em></p>
<p><em>En flagrant délire</em>, recueil de textes et dessins de John Lennon, reparaît dans une nouvelle maquette en poche dans la collection &laquo;&nbsp;Pavillons poche&nbsp;&raquo; chez Robert Laffont. La traduction est de Christiane Rochefort et Rachel Mizrahi. Évidemment le galimatias facétieux de Lennon (une sorte de <em>langue de j&#8217;expire</em>) leur a donné du fil à retordre aux traductrices (à côté, <em>I am the Walrus</em> est d&#8217;une simplicité enfantine – quoi que je déteste prendre les enfants pour ce qu&#8217;ils ne sont pas, des idiots). Un grief tout de même par rapport à la richesse poétique, on aurait souhaité avoir le texte original en regard !</p>
<p>Un petit extrait que j&#8217;ai choisi pour Dispatch/Box et qui ne démériterait pas à figurer dans une anthologie de l&#8217;humour noir&#8230;</p>
<p>(Page 78 de l&#8217;édition présente)</p>
<p><strong><cite>Une Surprise pour Petit Bobby</cite></strong></p>
<p><cite>C&#8217;était aujourd&#8217;hui la date de naissance du petit Bobby et il a eu une surprise. Son tout premier poing avait été abrégé (la Guerre) et il a reçu un crochet d&#8217;anniversaire.</cite></p>
<p><cite>Toute sa vie Bobby a désiré son propre crochet à lui ; et maintenant à son 39</cite><cite><sup>e</sup></cite><cite> anniversaire ses prières ont été accordées. Le seul ennui c&#8217;est qu&#8217;ils lui ont envoyé un crochet gauche alors que d&#8217;aucun n&#8217;ignore pas que c&#8217;était le droit de Bobby qui avait été abrogé.</cite></p>
<p><cite>Que faire n&#8217;était pas ze seul problème : en tout état de cause il retrancha son ultime poing et ça collait comme un gant. Qui sait, l&#8217;an prochain il aura peut-être le droit.</cite></p>
<p>– John Lennon</p>
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		<title>Jaime Semprun (1947-2010)</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Aug 2010 08:10:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jeremy Jeanguenin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<a href="http://www.dispatchbox.org/index.php/2010/08/13/jaime-semprun-1947-2010/"><img align="right" hspace="5" width="50" src="http://www.dispatchbox.org/wp-content/9782910386306.jpeg" class="alignright wp-post-image tfe" alt="" title="Discours liminaire Encyclopédie des nuisances" /></a>Mais quelques livres existent qui permettent d&#8217;apercevoir, comme en moins grand nombre certaines rencontres, un monde plus abouti que l&#8217;infecte décomposition présente. Jaime Semprun s&#8217;est éteint le 3 août 2010, dans la discrétion qui caractérisait sa vie. Fils de l&#8217;écrivain Jorge Semprun, il fut l&#8217;un des derniers collaborateurs de Guy Debord, participa au catalogue Champ [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><em>Mais quelques livres existent qui permettent d&#8217;apercevoir, comme en moins grand nombre certaines rencontres, un monde plus abouti que l&#8217;infecte décomposition présente.</em></p></blockquote>
<p><em><a href="http://www.dispatchbox.org/wp-content/9782910386306.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1758" title="Discours liminaire Encyclopédie des nuisances" src="http://www.dispatchbox.org/wp-content/9782910386306.jpeg" alt="" width="400" height="557" /></a><br />
</em></p>
<p>Jaime Semprun s&#8217;est éteint le 3 août 2010, dans la discrétion qui caractérisait sa vie. Fils de l&#8217;écrivain Jorge Semprun, il fut l&#8217;un des derniers collaborateurs de Guy Debord, participa au catalogue Champ Libre en y publiant deux essais<a href="#_ftn1">[1]</a>.</p>
<p>Il fonda en 1984 (cf. le <em>Discours préliminaire</em>) la revue L&#8217;Encyclopédie des nuisances (15 fascicules publiés de 1984 à 1992, que l&#8217;on doit pouvoir encore se procurer à la librairie de Jacques Noël, Un Regard Moderne, rue Gît-le-Cœur à Paris), qui devait étendre son activité quelques années plus tard à l&#8217;édition et au commerce de livres.</p>
<p>L&#8217;Encyclopédie des nuisances (&laquo;&nbsp;EdN&nbsp;&raquo; pour les connaisseurs) s&#8217;est notamment associée de façon épisodique aux éditions Ivréa (qui reprennent le fonds Gérard Lebovici et Champ Libre) pour proposer des essais inédits de George Orwell (traduits par Semprun lui-même) dans une traduction de grande qualité dont une version anthologique en format poche à faire pâlir de honte Gallimard <a href="#_ftn2">[2]</a> et dans un objet dont Jean-Luc Porquet, dans son hommage à Jaime Semprun (<em>Le Canard Enchaîné</em>, 11 août 2010) dresse l&#8217;éloge : <em>&laquo;&nbsp;Texte au cordeau, maquette impeccable, couverture d&#8217;une parfaite sobriété le tout imprimé dans l&#8217;une des dernières imprimeries en France utilisant encore linotype et caractères en plomb. </em>[Il s'agit des presses typographiques de L'Haÿ-les-Roses, NdR – dont on peut alléguer que les éditions soient en partie sociétaires]<em> De la belle ouvrage.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Le projet éditorial de ce qu&#8217;Annie Le Brun appelait, non sans sarcasme, &laquo;&nbsp;la petite coterie de Jaime Semprun&nbsp;&raquo; est intransigeant ; il faut rappeler que le catalogue des livres est introduit par une définition de la lecture, et de ce que sont et ne sont pas des livres. D&#8217;ailleurs, c&#8217;est en son sein que se développa la critique la plus virulente d&#8217;un monde des livres <em>cybernétisé</em>, sous la plume acerbe de Jean-Marc Mandosio, avec la publication d&#8217;un brûlot contre la TGB, future BNF.</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a> <em>La Guerre sociale au </em><em>Portugal</em>, Champ Libre, Paris, 1975.</p>
<p><em>Précis de récupération, illustré de nombreux exemples tirés de l&#8217;histoire récente</em>, Champ Libre, 1976.</p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> Dont une version anthologique en format poche à faire pâlir de honte Gallimard : <em>Dans le ventre de la Baleine et autres essais (1931-1943) </em>et<em> Tels étaient nos plaisirs et autres essais (1944-1949) </em>parus en 2005.</p>
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		<title>André Breton, lieux (2)</title>
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		<pubDate>Sun, 25 Jul 2010 10:55:37 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[<a href="http://www.dispatchbox.org/index.php/2010/07/25/andre-breton-lieux/"><img align="right" hspace="5" width="50" height="50" src="http://www.dispatchbox.org/wp-content/2523-porte-saint-denis-gabriel-perelle-150x150.jpg" class="alignright wp-post-image tfe" alt="" title="La porte de Saint-Denis par Gabriel Pérelle" /></a>Voilà le second extrait de Breton (souvenez-vous, le premier était un extrait de Nadja), provenant de son ouvrage Les vases communicants (1932), qui évoque la monumentale porte de Saint-Denis comme une manifestation du hasard objectif. Le passage précède de quelques dizaines de pages l&#8217;évocation du Palais idéal du Facteur Cheval. Breton appuie sa fascination, en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Voilà le second extrait de Breton (souvenez-vous, le <a href="http://www.dispatchbox.org/index.php/2010/07/08/andre-breton/">premier était un extrait de </a><em><a href="http://www.dispatchbox.org/index.php/2010/07/08/andre-breton/">Nadja</a></em>), provenant de son ouvrage <em>Les vases communicants </em>(1932), qui évoque la monumentale porte de Saint-Denis comme une manifestation du hasard objectif. Le passage précède de quelques dizaines de pages l&#8217;évocation du Palais idéal du Facteur Cheval.</p>
<div id="attachment_1737" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a href="http://www.dispatchbox.org/wp-content/2523-porte-saint-denis-gabriel-perelle.jpg"><img class="size-full wp-image-1737" title="La porte de Saint-Denis par Gabriel Pérelle" src="http://www.dispatchbox.org/wp-content/2523-porte-saint-denis-gabriel-perelle.jpg" alt="" width="600" height="378" /></a><p class="wp-caption-text">La porte de Saint-Denis par Gabriel Pérelle, 1675. Le monument est érigé à la gloire de Louis XIV, &quot;Ludovico Magno&quot; (Louis le Grand)</p></div>
<p>Breton appuie sa fascination, en un rapide rappel, par l&#8217;&nbsp;&raquo;aspect centrifuge&nbsp;&raquo; que la porte partage avec un autre point d&#8217;attirance, <em>i.e</em>. la tour Saint-Jacques.<em> </em>Cette vision médiumnique inspirera sans le moindre doute la dérive situationniste et son explicite hypothèse des plaques tournantes dans la théorie psychogéographique. La ville, terrain d&#8217;expérimentation, devient un laboratoire d&#8217;idées.</p>
<p>L&#8217;extrait qui suit est tiré de l&#8217;édition de poche de la collections (regrettée) &laquo;&nbsp;Idées&nbsp;&raquo; chez Gallimard (1973).</p>
<blockquote><p>Cédant à l&#8217;attirance que depuis tant d&#8217;années exerce sur moi le quartier Saint-Denis, attirance que je m&#8217;explique par l&#8217;isolement des deux portes qu&#8217;on y rencontre et qui doivent sans doute leur aspect si émouvant à ce que naguère elles ont fait partie de l&#8217;enceinte de Paris, ce qui donne à ces deux vaisseaux, comme entraînés par la force centrifuge de la ville, un aspect totalement éperdu, qu&#8217;elles ne partagent pour moi qu&#8217;avec la géniale tour Saint-Jacques, je flânais vers six heures dans la rue de Paradis, quand l&#8217;impression que je venais de passer sans bien le voir devant un objet insolite me fit revenir de quelques mètres sur mes pas.</p></blockquote>
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		<title>André Breton, lieux (1)</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Jul 2010 10:06:28 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[<a href="http://www.dispatchbox.org/index.php/2010/07/08/andre-breton/"><img align="right" hspace="5" width="50" height="50" src="http://www.dispatchbox.org/wp-content/La-Porte-Saint-Denis-150x150.jpg" class="alignright wp-post-image tfe" alt="" title="La Porte Saint-Denis" /></a>André Breton manifestait une fascination pour la Porte de Saint-Denis, toujours intacte aujourd&#8217;hui alors qu&#8217;elle apparaît décalée, contingente, &#171;&#160;inutile&#160;&#187; pour reprendre son épithète, au milieu d&#8217;un Paris architecturalement assassiné (quoique le quartier ne soit pas un des pires exemples). En effet, son imposant arc de triomphe n&#8217;occupe aujourd&#8217;hui plus aucune position stratégique et n&#8217;en constitue [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.dispatchbox.org/wp-content/La-Porte-Saint-Denis.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1697" title="La Porte Saint-Denis" src="http://www.dispatchbox.org/wp-content/La-Porte-Saint-Denis.jpg" alt="" width="300" height="464" /></a>André Breton manifestait une fascination pour la Porte de Saint-Denis, toujours intacte aujourd&#8217;hui alors qu&#8217;elle apparaît décalée, contingente, &laquo;&nbsp;inutile&nbsp;&raquo; pour reprendre son épithète, au milieu d&#8217;un Paris architecturalement assassiné (quoique le quartier ne soit pas un des pires exemples). En effet, son imposant arc de triomphe n&#8217;occupe aujourd&#8217;hui plus aucune position stratégique et n&#8217;en constitue plus une voie de communication. Elle n&#8217;en constitue pas non plus un objet qui détourne Breton d&#8217;une marche possédée, d&#8217;une dérive symptomatique.</p>
<p>Je reviendrai sur ce lieu avec un autre extrait de Breton. Voici pour l&#8217;instant ce qu&#8217;il en écrit dans <em>Nadja </em>(1928, revu en 1962).</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;On peut, en attendant, être sûr de me rencontrer dans Paris, de ne pas passer plus de trois jours sans me voir aller et venir, vers la fin de l’après-midi, boulevard Bonne-Nouvelle entre l’imprimerie du Matin et le boulevard de Strasbourg. Je ne sais pourquoi c’est là, en effet, que mes pas me portent, que je me rends presque toujours sans but déterminé, sans rien de décidant que cette donnée obscure, à savoir que c’est là que se passera cela ( ?). Je ne vois guère, sur ce rapide parcours, ce qui pourrait, même à mon insu, constituer pour moi un pôle d’attraction, ni dans l’espace ni dans le temps. Non : pas même la très belle et très inutile Porte Saint-Denis.&nbsp;&raquo;</p></blockquote>
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		<title>Patrick Straram, index/indices</title>
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		<pubDate>Sat, 29 May 2010 23:42:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jeremy Jeanguenin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<a href="http://www.dispatchbox.org/index.php/2010/05/29/patrick-straram-indexindices/"><img align="right" hspace="5" width="50" height="50" src="http://www.dispatchbox.org/wp-content/Patrick_Straram-150x150.jpg" class="alignright wp-post-image tfe" alt="" title="Patrick_Straram" /></a>Patrick Straram (Paris, 12 janvier 1934 – 3 mars 1988) est un écrivain québécois d&#8217;origine française qui a participé à l&#8217;aventure de l&#8217;internationale lettriste de 1950 à 1953. On lui doit, passée cette courte période – mise en lumière à partir de documents inédits en 2006 dans une perspective de dépassement du &#171;&#160;debordocentrisme&#160;&#187; de l&#8217;internationale [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Patrick Straram (Paris, 12 janvier 1934 – 3 mars 1988) est un écrivain québécois d&#8217;origine française qui a participé à l&#8217;aventure de l&#8217;internationale lettriste de 1950 à 1953. On lui doit, passée cette courte période – mise en lumière à partir de documents inédits en 2006 dans une perspective de dépassement du &laquo;&nbsp;debordocentrisme&nbsp;&raquo; de l&#8217;internationale lettriste et a fortiori de l&#8217;internationale situationniste –, des ouvrages consacrés à la littérature (le théâtre surtout et des poèmes consubstantiels à la musique qu&#8217;il affectionnait. Il emprunta, dans la dernière partie de sa vie (l&#8217;époque &laquo;&nbsp;hippie&nbsp;&raquo; québécoise de Straram, pour raccourcir) à Boris Vian, autre grand amateur de jazz, le pseudonyme de Bison Ravi (anagramme de &laquo;&nbsp;Boris Vian&nbsp;&raquo;). Il proclame à ce sujet <em>&laquo;&nbsp;Mon nom n&#8217;est pas Patrick Straram, mon nom c&#8217;est Patrick Straram le Bison Ravi&nbsp;&raquo;</em>.  Il est par ailleurs le petit-fils du musicien Walter Straram (anagramme de Marie Émile Félix Walter Marrast, un des grands noms de la musique dans l&#8217;entre-deux guerres) et le fils d&#8217;Enrich Straram, directeur du Théâtre des Champs-Élysées. En ce sens, il constitue le chaînon idéal et manquant entre un Debord dont l&#8217;intérêt pour la musique moderne semblait limité ( amateur de musique baroque et de musette, on sait qu&#8217;il admirait quelques grands disques de jazz, comme en témoigne l&#8217;utilisation d&#8217;un titre d&#8217; Art Blakey and The Messengers –<em> Whisper Not</em> (1958) – dans <em>In girum imus nocte et consumimur igni&#8230; </em></p>
<p>Au-delà de cela, le directeur d&#8217;<em>internationale situationniste</em> a persisté d&#8217;ignorer les convulsions du rock et de la <em>folk music</em> – fait relevé avec pertinence par Toulouse-La-Rose dans son petit opuscule <em>Pour en finir avec Guy Debord</em> –, tout comme il ignora l&#8217;histoire moderne renouvelée par l&#8217;École des Annales ) et un Vian chroniqueur fou et trompettiste blafard, hanté par la passion des thriller à l&#8217;américaine&#8230;</p>
<p>D&#8217;ailleurs, c&#8217;est en 1979 que Straram consacrera  pas moins de cinq émissions radio à Boris Vian. Straram, c&#8217;est le pendant inacceptable de Debord – quoique ce dernier le désignât comme l&#8217;auteur de la &laquo;&nbsp;première déclaration situationniste exprimée&nbsp;&raquo; –, il est voyageur, il aime le rock anglo-américain, il a sali ses mains pour des salaires et – Ô misère ! – il s&#8217;éprenait de Resnais, de Queneau, de Deleuze et tant d&#8217;autres bourgeois&#8230; parmi lesquels l&#8217;un est encore plus intolérable que les autres : &laquo;&nbsp;le plus con des Suisses pro-chinois&nbsp;&raquo;, Jean-Luc Godard.</p>
<div id="attachment_1636" class="wp-caption aligncenter" style="width: 490px"><a href="http://www.dispatchbox.org/wp-content/Patrick_Straram.jpg"><img class="size-full wp-image-1636" title="Patrick_Straram" src="http://www.dispatchbox.org/wp-content/Patrick_Straram.jpg" alt="" width="480" height="640" /></a><p class="wp-caption-text">Patrick Straram, photographie de 2e de couverture de &quot;irish coffee au no name bar &amp; vin rouge valley of the moon&quot; © Louise Rémillard et André Tremblay</p></div>
<p>Straram aimait passionnément les disques (on lui vola sa conséquente collection au début des années 1980 ainsi que son matériel audio, un coup fatal alors qu&#8217;il est obligé de se réfugier chez une amie à Longueuil, Francine, à l&#8217;endroit de Montréal dit &laquo;&nbsp;Rive Sud&nbsp;&raquo; et quartier populaire de HLM). Nombre de ses poèmes sont autant d&#8217;envolées lyriques (il aime par ailleurs les litanies dans ce style cher à Malcolm Lowry, dont il admire <em>Au-dessous du volcan</em>) consacrés au groupe de l&#8217;Ontario The Band (il voue un culte sans limites au titre <em>The Weight</em> et à l&#8217;album <em>The Big Pink</em>– qui apparaît dans la bande originale de <em>Easy Rider</em> de Dennis Hopper qui s&#8217;est éteint aujourd&#8217;hui 29 mai 2010), mais aussi au Grateful Dead de Jerry Garcia, aux Rolling Stones, à Dylan&#8230; Straram ainsi, dans une idiosyncrasie teintée d&#8217;éthylisme, est le plus aventurier et moderne de ses (ex-) compagnons de dérive volontiers plus ancrés du côté de la Renaissance et de la belle langue que dans la transfiguration folk de San Francisco. Pourtant, il représente un trait d&#8217;union entre les avant-gardes et la contre-culture, et tant va le tricard à l&#8217;art spectaculaire qu&#8217;à la fin on l&#8217;oublie.</p>
<p>Pour exprimer son déracinement inévitable et l&#8217;importance de son émigration, il empruntait à Brecht la citation suivante : <em>&laquo;&nbsp;La meilleure école pour la dialectique, c&#8217;est l&#8217;émigration. Les dialecticiens les plus pénétrants sont exilés&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p>Il est vrai qu&#8217;en France, nous (disons, le large public sensible à TOUS les participants aux avant-gardes) connaissons Straram que depuis la réédition de ses textes sous l&#8217;impulsion roborative d&#8217;un tandem d&#8217;universitaires, Boris Donné et Jean-Marie Apostolidès, à travers trois textes : <em>Les Bouteilles se couchent</em> (Allia, 2006), <em>La veuve blanche un peu détournée</em> (Sens &amp; Tonka, 2006), <em>Lettre à Guy Debord</em> (Sens &amp; Tonka, 2006).</p>
<p>Aussi un répèrage bibliographique, que l&#8217;on complétera pour avec l&#8217;excellent <a href="http://www.banq.qc.ca/documents/activites/publication/Patrick-Straram.pdf">inventaire</a> du fonds Straram dressé en 2003 par Hélène Blain pour la BAnQ (Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Montréal), donnera un autre éclairage qu&#8217;un portrait de Straram en ami dériveur de Debord, de façon à présenter ce probable renégat, par sa sensibilité au mouvement hippie, aux manifestations que les orthodoxes de l&#8217;IS auraient jugées comme de méprisables manifestations spectaculaires. Pourtant, de nombreuses similitudes avec le jeune Debord sont frappantes, ainsi l&#8217;admiration portée à Sartre (Debord a plutôt dissimulé cela, mais Boris Donné a démontré habilement comment Sartre est référent chez lui), notamment à travers une fascination pour le roman <em>L&#8217;Âge d&#8217;homme</em> (1945) et la portée du genre autobiographique, ainsi qu&#8217;une poétique des lieux et surtout de la ville stimulée par l&#8217;absorption de quantités d&#8217;alcools inconcevables.</p>
<p>Enfin, l&#8217;itinéraire de Patrick Straram relate l&#8217;expérience d&#8217;un français déraciné, ayant jeté les amarres au Québec après quelques années en temps qu&#8217;employé forestier dans la région de Vancouver. Straram, arrivant avec le désir jamais émoussé d&#8217;une subjectivité radicale, constate le degré d&#8217;immission du capitalisme dans la vie et la culture québécoises. A son arrivée, il constatera d&#8217;ailleurs que Radio-Canada joue un rôle similaire à celui de la moribonde ORTF en France à la même époque.</p>
<p>Straram fut attiré par l&#8217;exil comme telle masse liquide par l&#8217;attraction des astres ; en témoignent ces quelques lignes :</p>
<blockquote><p>«L&#8217;obligation de m&#8217;arracher au Québec, de m&#8217;exiler encore une fois, puisque tous les journaux, les postes de radio, la télévision, l&#8217;enseignement m&#8217;y étaient interdits, le mal dégueulasse que cela fait, il n&#8217;est pas prêt de cesser, la plaie n&#8217;est paa prête de se cicatriser, chaque jour ailleurs qu&#8217;au Québec la rouvre, ça vous fouille jusqu&#8217;à l&#8217;os, il y a de brusques arrêts du coeur, de longs temps de nostalgie, de prostration, qui font vomir&#8230;»</p></blockquote>
<p>La thématique du déracinement et l&#8217;expérience américaine sont séminales dans les écrits de Straram. Après avoir vécu en Californie et au Canada, impossible pour lui d&#8217;envisager à nouveau la France. D&#8217;ailleurs, il ne peut plus y pénétrer, puisqu&#8217;il est déserteur. Il éprouve même une sympathie marquée pour le nationalisme québécois et la présence la langue française.</p>
<p>Si la bibliographie de Patrick Straram tient dans un mouchoir de poche, gageons qu&#8217;un certain nombre des archives qu&#8217;il a léguées à la Bibliothèque nationale et archives du Québec (alors que la maladie lui rongeait les poumons) permettront l&#8217;établissement de nouveaux corpus et de donner un éclairage autre sur ceux que l&#8217;on considère comme les moins-que-rien des dernières avant-gardes post-surréalistes francophones.</p>
<p><strong>Repères bibliographiques </strong></p>
<p><span style="font-size: x-small;"><em>Établis à partir des notices de  WorldCat,  de la BAnQ, et d&#8217;ouvrages rares consultés à la BNF (certains consultables sous surveillance !)</em></span></p>
<ul>
<li><em>Cahier pour un paysage à inventer</em>, revue, 1960.</li>
<li><em>One+One Cinemarx et Rolling Stones</em>. Montréal : Les Herbes rouges, 1971.</li>
<li><em>Gilles Groulx, le Lynx inquiet</em>. Patrick Straram; Jean-Marc Piotte. Montréal : Cinémathèque québécoise/Editions québécoises, 1971.</li>
<li><em>En train d&#8217;être en train vers où être, Québec &#8230; : graffito folk-rock de Patrick Straram, le bison ravi</em>, Patrick Straram. Montréal : L&#8217;Obscène nyctalope, 1971. (NB : texte également repris dans l&#8217;ouvrage suivant)</li>
<li><em>irish coffees au no name bar &amp; vin rouge valley of the moon. </em>Montréal : L&#8217;Hexagone/L&#8217;Obscène nyctalope, 1972.</li>
<li><em>Questionnement socra-cri-tique</em>. Montréal : L&#8217;Aurore, ©1974. (Coll. &laquo;&nbsp;Ecrire&nbsp;&raquo;, 2).</li>
<li><em>Littérature et politique</em>. Patrick Straram; André Belleau; et al. Longueuil : Stratégie, 1974.</li>
<li><em>La Faim de l&#8217;énigme</em>. Kamouraska : Éditions de l&#8217;Aboiteau, 1975.</li>
<li>Bribes 1. Pré-textes et lectures. Montréal : L&#8217;Aurore, 1975. (Coll. &laquo;&nbsp;Ecrire&nbsp;&raquo;, 11)</li>
<li><em>Bribes 2. Le bison ravi fend la bise</em>. [Montréal] : L&#8217;Aurore, 1976. (Coll. &laquo;&nbsp;Ecrire&nbsp;&raquo;)</li>
<li><em>Blues clair ; Quatre quatuors en trains qu&#8217;amour advienne</em>.  Patrick Straram; Francine Simonin. Saint-Laurent, Québec : Éditions du Noroît, 1984.</li>
<li><em>Les bouteilles se couchent</em>, éditions Allia, Paris, 2006 (Texte retrouvé aux Archives nationales du Québec et édité par B. Donné et J-M. Apostolidès, suivi d&#8217;une notice fort éclairante de ces derniers).</li>
<li><em>La Veuve blanche et noire un peu détournée</em>, éditions Sens &amp; Tonka, 2006 (Texte édité et préfacé par B. Donné et J-M. Apostolidès et suivi d&#8217;un ensemble métagraphique et biographique de l&#8217;auteur)</li>
<li><em>Lettre à Guy Debord </em>(1960), éditions Sens &amp; Tonka, 2006</li>
</ul>
<p><strong>Articles parus en revues</strong></p>
<ul>
<li>&laquo;&nbsp;P.S. Post-Scriptum harmonial&nbsp;&raquo;, in <em>Le Tremplin</em>, n°63, novembre 1953, p.4</li>
<li>&laquo;&nbsp;L&#8217;air de nager&nbsp;&raquo; (1960, dans <em>Cahier pour un paysage à inventer</em>, 1, Montréal)</li>
<li>&laquo;&nbsp;Tea for One&nbsp;&raquo;, in <em>É</em><em>crits du Canada Français</em>, 1960.</li>
</ul>
<p><strong>Collaborations</strong></p>
<ul>
<li>&laquo;&nbsp;Tea for one 2 hypojazz ; Electronic music for mind and body&nbsp;&raquo;. Patrick Straram, in <em>Musiques du Kébèk</em>, dir. Raoul Duguay, Montréal, Éditions du Jour, 1971</li>
</ul>
<p><strong>Divers</strong></p>
<ul>
<li>&laquo;&nbsp;To a strange night of stone&nbsp;&raquo;, postface à <em>Pornographic Delicatessen</em>, de Denis Vanier, 1968, Éditions de l&#8217;Estérel.</li>
<li>&laquo;&nbsp;Wolf House &amp; Cabaret de la dernière chance, François de la Panam&nbsp;&raquo;, postface à <em>Le talon de fer </em>de Jack London, 1972, éditions L&#8217;Étincelle.</li>
<li>&laquo;&nbsp;De la nécessité d&#8217;une effraction poétique intense à l&#8217;intérieur d&#8217;une société de répression dont l&#8217;objectif révolutionnaire est récupéré par toutes sortes de libéraux, agents les pires de tous les fascismes à venir&nbsp;&raquo;, préface à <em>La maladie est en eux, ce sont des chiens</em> de Denis Vanier, 1972, éditions Parti Pris.</li>
<li>&laquo;&nbsp;Métis et fleur bleue&nbsp;&raquo;, pour <em>Les grands spectacles</em> de Lucien Francœur, 1974, L&#8217;Obscène nyctalope.</li>
</ul>
<p><strong>Ouvrages critiques consacrés à Patrick Straram</strong></p>
<ul>
<li><em>L&#8217;arpenteur de la ville: L&#8217;utopie urbaine situationniste et Patrick Straram</em>, Marc Vachon, 2005, Éditions Tryptique.</li>
</ul>
<p><strong>Webographie</strong></p>
<p><a href="http://www.revue-analyses.org/index.php?id=630">http://www.revue-analyses.org/index.php?id=630</a></p>
<p><a href="http://remue.net/spip.php?article1659">http://remue.net/spip.php?article1659</a></p>
<p><a href="http://www.ababord.org/spip.php?article95">http://www.ababord.org/spip.php?article95</a></p>
<p><a href="http://www.archipel.uqam.ca/2516/1/M11033.pdf">http://www.archipel.uqam.ca/2516/1/M11033.pdf</a> (Mémoire de Maîtrise de Xavier Martel, enseignant à l&#8217;UQAM)</p>
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		<title>Le chat au négatif, par Kenzaburō Ōe</title>
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		<pubDate>Sun, 04 Oct 2009 20:42:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jeremy Jeanguenin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<a href="http://www.dispatchbox.org/index.php/2009/10/04/le-chat-au-negatif-par-kenzaburo-oe/"><img align="right" hspace="5" width="50" height="50" src="http://www.dispatchbox.org/wp-content/sadanobu_cat_black_2-150x150.jpg" class="alignright wp-post-image tfe" alt="Chat noir par Sadanobu, École d" title="Chat_sadanobu" /></a>J&#8217;aime beaucoup cette idée de réunir sur ce blog quelques extraits sur les chats en littérature. Cette fois, il ne s&#8217;agit pas exactement d&#8217;un hommage passionné, dévoué, obséquieux (Baudelaire, Champfleury), encore moins mièvre. C&#8217;est dans la nouvelle Seventeen (voyez ici la référence très explicite aux dix-sept ans sous les tilleuls d&#8217;Arthur Rimbaud) du japonais Kenzaburō [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1190" class="wp-caption aligncenter" style="width: 232px"><a rel="attachment wp-att-1190" href="http://www.dispatchbox.org/index.php/2009/10/04/le-chat-au-negatif-par-kenzaburo-oe/sadanobu_cat_black_2/"><img class="size-medium wp-image-1190" title="Chat_sadanobu" src="http://www.dispatchbox.org/wp-content/sadanobu_cat_black_2-222x300.jpg" alt="Chat noir par Sadanobu, École d'Osaka (XIXe siècle)" width="222" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Chat noir par Sadanobu, École d&#39;Osaka (XIXe siècle)</p></div>
<p>J&#8217;aime beaucoup cette idée de réunir sur ce blog quelques extraits sur les chats en littérature. Cette fois, il ne s&#8217;agit pas exactement d&#8217;un hommage passionné, dévoué, obséquieux (Baudelaire, Champfleury), encore moins mièvre.</p>
<p>C&#8217;est dans la nouvelle <em>Seventeen</em> (voyez ici la référence très explicite aux dix-sept ans sous les tilleuls d&#8217;Arthur Rimbaud) du japonais Kenzaburō Ōe (né en 1935 sur l&#8217;Île de Shikoku) que le chat nous est présenté sous un abord somme toute dévaluant pour le félin accoutumé aux mœurs quotidienne de l&#8217;humain,  le faisant passer pour un animal fourbe, sinon sournois, pour terminer un peu plus en nuance. La nouvelle fait partie d&#8217;un choix de trois textes réunis sous le nom de la première : <em>Le Faste des morts</em> (Gallimard, 2005). Ce sont des textes extrêmement puissants, vifs, sans compassion quand il s&#8217;agit de mettre en scène la cruauté. Le style est sec, incisif, du moins le rendu de la traduction française fait-il cet effet. Kenzaburō Ōe nourrit son écriture des écrivains américains et français (il a étudié un temps le français) qu&#8217;il a lu et admiré (Twain, Rimbaud, Sartre, et surtout Céline qu&#8217;il vénère). Ici, les trois nouvelles ont pour contexte un Japon à la tentation, en ces années troubles, de l&#8217;extrême-droite. Ōe dépeint cet univers sordide, à travers des lieux à l&#8217;atmosphère aussi suffocante que délétère : une morgue universitaire, une prison de jeunes gens, des meetings truqués de leaders impérialistes (dans l&#8217;ordre de ces trois nouvelles).</p>
<p>Le chat dont il est question n&#8217;a rien du doux félin au corps élastique, il est plutôt l&#8217;incarnation de la répulsion, de l&#8217;effroi, buvant la salive humaine comme une bête immonde, lacérant, finissant sa métamorphose en requin-tigre. Il s&#8217;agit d&#8217;une métaphore avec l&#8217;adolescent narrateur, qui, perdu, violent à ses heures, frustré en quête de virilité, développe une sensibilité progressive au discours impérialiste du hurleur Sakakibara, perforant sa &laquo;&nbsp;cuirasse caractérielle&nbsp;&raquo; pour reprendre le concept de Wilhelm Reich (p.38 de la <em>Psychologie de masse du fascisme</em>, éd. Petite Bibliothèque Payot), qu&#8217;il se constitue en réponse à cette même frustration et humiliation génitale, pour déployer cette &laquo;&nbsp;peste émotionnelle&nbsp;&raquo; des origines à travers l&#8217;adhésion à un mouvement politique oppressif et destructeur.</p>
<h6>Extrait (p. 121-122 de l&#8217;édition française, traduction de Ryôji Nakamura et René de Ceccatty) :</h6>
<p><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;"><cite title="Seventeen"><span style="font-family: helvetica;">De manière imperceptible mais sûre, un être me faisait signe hors de l&#8217;appentis. Je l&#8217;avais oublié. Je soulevai le buste et j&#8217;ouvris la fenêtre arrondie comme un hublot de bateau, près de mon lit. Avec un calme souverain, il descendit sur ma couchette de cabine et en ronronnant, il fit le dos rond sur la couverture dont j&#8217;avais enveloppé mes jambes : c&#8217;est Bandit ! C&#8217;est un chat de gouttière qui ravage tout le quartier. Mes parents sont radins, le genre de personne à avoir des frissons à l&#8217;idée de devoir sacrifier leur part de nourriture à un animal domestique. C&#8217;est pourquoi je ne peux avoir qu&#8217;un animal domestique qu&#8217;on n&#8217;a pas besoin de nourrir. L&#8217;année dernière, j&#8217;élevais, dans un bocal, une colonie d&#8217;une cinquantaine de fourmis, mais elles n&#8217;ont pas pu passer l&#8217;hiver. Seul m&#8217;est resté ce bocal rempli d&#8217;une terre forée d&#8217;un labyrinthe étonnement tridimensionnel. J&#8217;en ai été triste à pleurer. C&#8217;est après que je me suis mis à apprivoiser Bandit. Bandit est un mâle, tigré, extrêmement grand, un chat de gouttière, autrement dit qu&#8217;on n&#8217;a pas à nourrir. Il se contente de rentrer la nuit pour dormir. Comme il est réapparu au moment où j&#8217;étais plongé dans mes pensées, je m&#8217;en suis retrouvé tout bouleversé. J&#8217;ai fait un bruit de lèvres pour l&#8217;attirer. Bandit redressa lentement son corps sur la couverture qui enveloppait mes jambes pour venir boire ma salive. Il était le seul à fêter mon dix-septième anniversaire, me suis-je dit sentimentalement, et j&#8217;ai abondamment salivé pour désaltérer Bandit. Pourtant Bandit était un malfrat plus canaille qu&#8217;Al Capone. Je n&#8217;avais vraiment pas à être sentimental. Alors même qu&#8217;il buvait ma salive, il se maintenait en équilibre, en enfonçant presque ses griffes dans ma poitrine à travers la couverture. C&#8217;était pour être prêt à s&#8217;enfuir à tout moment. Je n&#8217;ai jamais pris Bandit dans mes bras. Je me suis toujours contenté de le laisser s&#8217;approcher de ma poitrine ou de mes genoux. Quand il miaulait en ronronnant les yeux fermés et faisant frétiller son petit museau humide, avec ses minauderies de belle femme, à peine mes doigts frôlaient-ils son tronc, qu&#8217;il se crispait avec rage et s&#8217;enfuyait. Bandit n&#8217;aime pas être contraint. Je le savais, mais quand ma salive se fut épuisée et que ma gorge eut commencé à se dessécher, j&#8217;eus, quand je vis Bandit repartir vers l&#8217;autre extrémité de la couverture, le sentiment intolérable de sombrer dans un abîme de solitude. Tandis que le corps énorme et tigré de Bandit se détachait de ma poitrine avec  un calme souverain, j&#8217;ai cherché à le rattraper dans mes bras. Mais soudain, mes mains ont effleuré Bandit avec  l&#8217;intensité d&#8217;une étincelle qui jaillit d&#8217;une caténaire. J&#8217;ai léché la paume de ma main, lacérée par les griffes de Bandit, pour y reconnaître le goût du sang. D&#8217;un coup de tête, il repoussa le rideau du hublot et s&#8217;enfuit en se jetant dans l&#8217;océan déchaîné, se métamorphosant en requin tigré. La plaie me brûlait, mais loin d&#8217;en être agacé, j&#8217;étais admiratif : quelle incroyable canaille ! Il était sauvage, c&#8217;était l&#8217;incarnation du mal, il n&#8217;avait ni pudeur ni gratitude, c&#8217;était une bombe, un loup solitaire, il ne faisait confiance à personne, ce qu&#8217;il convoitait, il le voilait, et pourtant, il était royal et forçait mon respect. Il était beau comme une solide architecture et souple comme du caoutchouc, lorsqu&#8217;il marchait dans l&#8217;obscurité en quête de ses proies. Chaque fois qu&#8217;il me fixait, j&#8217;étais paralysé, culpabilisé, rougissant. Pourquoi son corps ne présentait-il aucun défaut ? Il m&#8217;était arrivé d&#8217;avoir un haut-le-cœur en le surprenant, dans un coin secret, en train de dévorer un chat blanc qu&#8217;il avait tué, mais, là aussi, il affichait une imperturbable morgue.</span></cite></span></p>
<h6><span style="font-family: 'book antiqua', palatino;"><span style="font-family: helvetica;">(© DR – Éditions Gallimard pour l&#8217;édition française et la traduction)</span></span></h6>
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		<title>Schwob et Bertillon</title>
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		<pubDate>Sat, 26 Sep 2009 20:25:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jeremy Jeanguenin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<a href="http://www.dispatchbox.org/index.php/2009/09/26/schwob-et-bertillon/"><img align="right" hspace="5" width="50" height="50" src="http://www.dispatchbox.org/wp-content/schowb-150x150.jpg" class="alignright wp-post-image tfe" alt="_schowb" title="_schowb" /></a>J&#8217;ai évoqué, à l&#8217;occasion de mon passage à Lausanne et de la visite de l&#8217;exposition du Musée de l&#8217;Élysée, le criminologue pionnier Alphonse Bertillon. Par hasard, à la lecture des Mœurs des Diurnales. Traité de journalisme de Marcel Schwob (sous le pseudonyme de Loyson-Bridet), je tombe sur le chapitre intitulé &#171;&#160;De la science&#160;&#187;. Bien entendu, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;ai évoqué, à l&#8217;occasion de mon passage à Lausanne et de la <a href="http://www.dispatchbox.org/index.php/2009/08/18/le-theatre-du-crime-et-la-bibliotheque-sanglante/">visite de l&#8217;exposition du Musée de l&#8217;Élysée</a>, le criminologue pionnier Alphonse Bertillon. Par hasard, à la lecture des <em>Mœurs des Diurnales. Traité de journalisme</em> de Marcel Schwob (sous le pseudonyme de Loyson-Bridet), je tombe sur le chapitre intitulé &laquo;&nbsp;De la science&nbsp;&raquo;.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-1109" href="http://www.dispatchbox.org/index.php/2009/09/26/schwob-et-bertillon/_schowb/"><img class="aligncenter size-full wp-image-1109" title="_schowb" src="http://www.dispatchbox.org/wp-content/schowb.jpg" alt="_schowb" width="180" height="253" /></a></p>
<p>Bien entendu, je ne peux que vous encourager à jeter un œil à cet ouvrage, ou mieux, à l&#8217;acquérir. Les <a href="http://site.voila.fr/cendres/">Éditions des Cendres</a> l&#8217;ont réédité dans la collections &laquo;&nbsp;Oubliettes&nbsp;&raquo; à 2000 exemplaires en 1985.</p>
<p>Pour les plus bibliophiles d&#8217;entre vous, <a href="http://www.librairie-goudemare.com/livre/2941.html">Sylvain Goudemare</a> (schwobien devant l&#8217;éternel, voir l&#8217;édition Phébus et aussi Shige Gonzalvez qui a parlé récemment des <a href="http://shigepekin.over-blog.com/article-34582848.html">trésors ubuesques</a> en cette échoppe) en propose un exemplaire in-4° de 1926. C&#8217;est un traité très grinçant et cynique, dans lequel Schwob maltraite, non sans ironie, ses contemporains journalistes. Nos journaleux devraient tous le lire ou le relire, sans exception.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-1110" href="http://www.dispatchbox.org/index.php/2009/09/26/schwob-et-bertillon/imglit2167_1/"><img class="aligncenter size-full wp-image-1110" title="schwob mœurs" src="http://www.dispatchbox.org/wp-content/imglit2167_1.jpg" alt="schwob mœurs" width="307" height="448" /></a></p>
<p>Je reviendrai sur Schwob et ses livres dans un prochain billet.</p>
<p>Je reproduis ici chapitre (p. 130-131, Éd. des Cendres), dans lequel il prend pour exemple Bertillon. On pourra aussi consulter l&#8217;édition originale sur <a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55004k">Gallica</a>.</p>
<p style="text-align: center; ">°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°</p>
<h1 style="text-align: center; "><em>De la science</em></h1>
<p style="text-align: center; "><em>(Chapitre très court)</em></p>
<p style="text-align: left; ">Vous avez du sujet que vous traitez des notions vagues, comme il convient. Il est bon, politique et flatteur pour le public de reconnaître qu&#8217;il les possède également. Ainsi l&#8217;hypnotisme, la suggestion, la puissance de la volonté sont choses dont tout le monde doit avoir entendu parler. Le public, même s&#8217;il les ignore, sera heureux, comme M. Jourdain, de les connaître sans le savoir.<br />
Vous écrirez donc, dans un article  sur l&#8217;anthropométrie (système Bertillon) :</p>
<p style="text-align: left;"><em><span style="font-size: x-small;">On sait </span></em><span style="font-size: x-small;">également que la volonté n&#8217;a aucune influence sur la longueur de la tête</span><em><span style="font-size: x-small;">.<br />
</span><span style="font-size: x-small;"> </span><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: x-small;">(</span></span><span style="font-size: x-small;">Le Gaulois</span></em><span style="font-size: x-small;">, 6 novembre 1902)</span><em><span style="font-size: x-small;">. </span></em></p>
<p style="text-align: left;">Si votre directeur vous demande d&#8217;où vous avez tiré ce fait, ne le renvoyez pas au Dictionnaire Larousse, qui est à sa disposition, qui est trop connu, et souvent inexact. Citez Lombroso, Sergi, Tarde, la Psychopatie sexuelle du Dr Moll, Krafft-Ebing, les cliniques de Luys, Charcot et l&#8217;interview que vous avez prise à Bertillon. Virchow, Manouvrier, Sir John Lubbock, de Mortillet sont également des noms à retenir et à citer en matière d&#8217;anthropométrie ou d&#8217;anthropologie. N&#8217;oubliez pas que Moll est autrichien, Krafft-Ebing allemand, Virchow prussien, Sir John Lubbock anglais, Lombroso et Sergi italiens, mais que Bertillon est français. Les lecteurs français se réjouiront.</p>
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		<title>Rue Bashung</title>
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		<pubDate>Mon, 21 Sep 2009 07:49:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jeremy Jeanguenin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<a href="http://www.dispatchbox.org/index.php/2009/09/21/rue-bashung/"><img align="right" hspace="5" width="50" src="http://www.dispatchbox.org/wp-content/DSC02518.JPG" class="alignright wp-post-image tfe" alt="DSC02518" title="DSC02518" /></a>La rue du Roi de Sicile, 4e arrondissement de Paris, le 19 septembre 2009. Quelques panneaux de travaux donnent l&#8217;occasion à d&#8217;illustres graphomanes de rendre hommage à un autre Roi, disparu cette année. &#171;&#160;La nuit je mens Je prends des trains a travers la plaine La nuit je mens effrontément&#160;&#187;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La rue du Roi de Sicile, 4<sup>e </sup>arrondissement de Paris, le 19 septembre 2009.</p>
<p>Quelques panneaux de travaux donnent l&#8217;occasion à d&#8217;illustres graphomanes de rendre hommage à un autre Roi, disparu cette année.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;La nuit je mens</em></p>
<p><em>Je prends des trains a travers la plaine</em></p>
<p><em>La nuit je mens</em></p>
<p><em>effrontément&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center;"><a rel="attachment wp-att-1061" href="http://www.dispatchbox.org/index.php/2009/09/21/rue-bashung/dsc02518/"><img class="aligncenter size-full wp-image-1061" title="DSC02518" src="http://www.dispatchbox.org/wp-content/DSC02518.JPG" alt="DSC02518" width="517" height="388" /></a></p>
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		<title>Georg Christoph Lichtenberg</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Sep 2009 08:53:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jeremy Jeanguenin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<a href="http://www.dispatchbox.org/index.php/2009/09/15/georg-christoph-lichtenberg/"><img align="right" hspace="5" width="50" height="50" src="http://www.dispatchbox.org/wp-content/225px-georg_christoph_lichtenberg_big-150x150.jpg" class="alignright wp-post-image tfe" alt="Lichtenberg portrait" title="Lichtenberg portrait" /></a>Quelques aphorismes décalés, ironiques et/ou incendiaires de Georg Chistoph Lichtenberg, réunis dans l&#8217;ouvrage Le miroir de l&#8217;âme (José Corti, collection &#171;&#160;Domaine romantique&#160;&#187;, 1999, traduit de l&#8217;allemand et préfacé par Charles Le Blanc), que son auteur voulût &#171;&#160;un miroir plutôt qu&#8217;une lorgnette&#160;&#187;. Lichtenberg vécut la second partie du XVIIIe siècle (1742-1799) et correspondit avec Immanuel Kant. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quelques aphorismes décalés, ironiques et/ou incendiaires de Georg Chistoph Lichtenberg, réunis dans l&#8217;ouvrage <em>Le miroir de l&#8217;âme</em> (José Corti, collection &laquo;&nbsp;Domaine romantique&nbsp;&raquo;, 1999, traduit de l&#8217;allemand et préfacé par Charles Le Blanc), que son auteur voulût <em>&laquo;&nbsp;un miroir plutôt qu&#8217;une lorgnette&nbsp;&raquo;. </em>Lichtenberg vécut la second partie du XVIIIe siècle (1742-1799) et correspondit avec Immanuel Kant. À l&#8217;image de Spinoza, dont il rejoignit son parti du <em>monisme</em> (théorie de l&#8217;enveloppe de toute chose), Lichtenberg était un savant aux intérêts multiples : écriture, philosophie, physique. Il nommait le cahier où étaient consignés ces aphorismes <em>Sudelbuch</em> ( &laquo;&nbsp;livre de brouillard&nbsp;&raquo;, le terme d&#8217;<em>aphorisme</em> n&#8217;apparaissant que sous la plume de son éditeur Albert Leitzmann, philologue).</p>
<p><a rel="attachment wp-att-997" href="http://www.dispatchbox.org/index.php/2009/09/15/georg-christoph-lichtenberg/225px-georg_christoph_lichtenberg_big/"><img class="aligncenter size-full wp-image-997" title="Lichtenberg portrait" src="http://www.dispatchbox.org/wp-content/225px-georg_christoph_lichtenberg_big.jpg" alt="Lichtenberg portrait" width="225" height="225" /></a></p>
<blockquote><p>Depuis que chacun lit les fatras critiques, le bel esprit des gens produit, pour ainsi dire, l&#8217;étalon à partir duquel se juge la valeur des hommes.</p></blockquote>
<blockquote><p>L&#8217;homme est la mesure du merveilleux ; chercher une mesure générale au merveilleux, c&#8217;est l&#8217;avilir et rendre toutes choses égales à elles-mêmes.</p></blockquote>
<blockquote><p>Tout apprendre, non point pour l&#8217;afficher, mais s&#8217;en servir.</p></blockquote>
<blockquote><p>Il m&#8217;est avis que l&#8217;on devrait toujours laisser impunis les écrivains vraiment exécrables des journaux pour érudits ; les faiseurs d&#8217;articles savants tombent dans l&#8217;erreur des Indiens qui considèrent que l&#8217;orang-outan est leur semblable et prennent son mutisme naturel pour de l&#8217;obstination, qu&#8217;ils cherchent vainement à mater par de fréquentes bastonnades.</p></blockquote>
<blockquote><p>Il s&#8217;émerveillait de voir que les chats avaient la peau percées de deux trous, précisément à la place des yeux.</p></blockquote>
<blockquote><p>Cette doctrine entière ne sert à rien, hormis comme sujet de dispute.</p></blockquote>
<blockquote><p>Quelqu&#8217;un qui plagie une idée d&#8217;un auteur ancien pourrait s&#8217;excuser en invoquant la métempsycose et dire : &laquo;&nbsp;Prouvez-moi donc que je ne fus point déjà cet homme-là.&nbsp;&raquo;</p></blockquote>
<p><a rel="attachment wp-att-988" href="http://www.dispatchbox.org/index.php/2009/09/15/georg-christoph-lichtenberg/couvlichtenberg1/"><img class="aligncenter size-medium wp-image-988" title="CouvLichtenberg1" src="http://www.dispatchbox.org/wp-content/CouvLichtenberg1-190x300.jpg" alt="CouvLichtenberg1" width="190" height="300" /></a>L&#8217;édition de Corti est la plus courante en français, pour les plus intéressés et bibliophiles, l&#8217;édition de 1966 chez Jean-Jacques Pauvert était préfacée par André Breton, qui n&#8217;avait pas hésité à en intégrer des extraits à son <em>Anthologie de l&#8217;humour noir</em>, aux Éditions du Sagittaire (1940, puis 1950 pour la réédition). Au sujet de l&#8217;anthologie, l&#8217;ouvrage subit un incessant va-et-vient entre un Denoël en difficultés et bientôt suspect et le Sagittaire dont les comptes flanchent en cette période de guerre : la chronologie de l&#8217;édition de l&#8217;<em>Anthologie de l&#8217;humour noir </em>est disponible sur le <a href="http://www.thyssens.com/01chrono/chrono_1940.php">site du libraire liégeois Henri Thyssens</a> consacré à Robert Denoël. Toujours est-il que Simon Kra et Léon-Pierre Quint finirent par récupérer le manuscrit de Breton (1). La préface de cette anthologie était elle-même un clin d&#8217;œil explicite à Lichtenberg, Breton l&#8217;ayant intitulée &laquo;&nbsp;Paratonnerre&nbsp;&raquo;, en hommage à l&#8217;invention à laquelle le savant contribua.</p>
<h6>(1) Voir aussi Mousli (B.) et Laurent (F.), <em>Les Éditions du Sagittaire</em>, Imec, coll. &laquo;&nbsp;Édition contemporaine&nbsp;&raquo;, 2002.</h6>
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