Dispatch/Box
“Non cogitant, ergo non sunt" (Lichtenberg)
Gainsbourg, l’expo 2008 à la Cité de la musique

Par Jeremy Jeanguenin

Je lorgnais sur cette exposition depuis septembre et diantre! si je n’avais bénéficié des prolongations, je l’aurais lamentablement ratée! (peut-on rater autrement que lamentablement?)

Pour résumer : des documents remarquables (manuscrits de compositions, souvent écrits sur du papier à en-tête d’hôtel), des photos, des écrans (trop!) mais tout ça desservi par une scénographie/muséographie catastrophique et cacophonique; totalement à l’opposé de ce que m’inspire l’écoute de Gainsbourg (si l’on excepte les murs de noir vêtus, à l’identique de l’hôtel particulier de Serge, 5 bis, rue de Verneuil). L’omniprésence de vidéos, accumulée à des lectures impromptues de textes par une variété d’acteurs et de comédiens créait une ambiance opposée à l’univers intime gainsbourien. 

 

Quel dommage! J’avais déjà déploré les interprètes du concert où était rejoué le mythique Histoire de Melody Nelson (Brian Molko et sa voix de crécelle, entre autres), sous la baguette de Jean-Claude Vannier (co-compositeur) himself… Était-ce un présage?

seuwdge

En tout cas, je doute que cette exposition ait la verve suffisante pour convertir les cerveaux nourris à l’image télévisuelle (c’est lui qui l’a voulue) présentant un Gainsbarre en déchéance et suicidaire à la beauté de son œuvre, mais aussi au personnage bien plus raffiné et littéraire qu’il abritait au -dedans de lui. 

Mais il n’y a pas à faire des adeptes, l’œuvre de Gainsbourg est riche protéiforme, à bien des endroits inégale… elle est inscrite dans la durée et demande une certaine écoute.

 

PS : j’ai vu l’Homme à tête de chou, quand même! ET la vidéo de Sex Machine interprétée avec le groupe La Horde (musiciens ayant accompagné le punk on ne peut plus ironique Gogol 1er).

Related Posts with Thumbnails

Leave a Reply