Je m’enthousiasmais pour ce film qui ressort sur les écrans quelque vingt années après sa première sortie (1988, très exactement). Pour les curieux, la bande-annonce (ou échantillon pelliculaire, comme dirait Toscan-Séplanté) est ici.
Certes, je ne suis pas un inconditionnel de Chet Baker (le jazz West Coast et les piano bars sirupeux, sans plus! C’est pour moi un peu comme la Bossa Nova : du jazz d’ascenseur, du jazz de droite, guindé, soirées Ferrero chez l’ambassadeur!), bien que je trouve son timbre de voix intéressant. Mais là n’est pas la critique : elle est destinée à Bruce Weber, le réalisateur. C’est une véritable pêche à l’anecdotique, mais qui fait à peine sourire. On s’était habitués à d’excellents films à la frontière du documentaire musical et de la biographie cinématographique, je pense notamment au film de Jarmusch sur Neil Young et le Crazy Horse, (Year of the Horse) mais encore à l’excellent Joe Strummer : the Future is Unwritten. Si ces films allaient au cœur du parcours des musiciens, croisant témoignages et photographie de qualité; ici on est dans la longueur maussade, dans le bavardage itératif. Ça radote, Chet s’est beaucoup drogué, sa drogue préférée est le speedball, il a vu un de ses amis bleu, ses ex ne sont pas contentes et se tirent dans les pattes. Résultat : on frôle le côté vulgos du niveau FR3 « Nos vedettes disparues », avec beaucoup de contingent, peu de pellicule consacrée à la musique. Un comble. On s’arrête aux dents cassées, aux femmes battues, à la came, à Chet fatigué, Chet suicidé.
J’ignore comment l’aborde le livre d’Alain Gerber. Mais là, c’est à dissuader les profanes de s’y intéresser!
