
C’est ainsi qu’on sèche ses révisions pour les oraux de septembre!
Allez, un bon prétexte tout de même : la venue de deux jazzmen saxophonistes, j’ai nommé David Murray et l’italiano Stefano di Battista!
Je passerai sur la première prestation jazzistique, étant donné la file d’attente de presque une heure qui m’a fait arriver juste avant le second concert.
Je rendrai également compte plus bas d’une autre prestation marquante de ce festival.
C’est donc dans le répertoire hard-bop que l’ensemble de Stefano envoie la sauce : Greg Hutchinson tabasse ses peaux et ses cymbales dans des transes maîtrisées, tandis que le jeune Fabrizio Bosso assène des soli rauques à souhait (hard-rauques, serait-on tentés de dire!) rappelant presque les saturations crasseuses d’une guitare électrique. Son utilisation du cône de sourdine wah wah reste parcimonieuse, lui permettant d’éviter la « pompe truffazienne ». Baptiste Trotignon n’en n’est pas moins impressionant à l’orgue Hammond : c’est un homme orchestre! Jugez plutôt : derrière l’homme, un cabinet de bois renferme un haut-parleur rotatif (également appelé « Leslie Speaker », il contient un haut-parleur pourvu de deux trompes sur plateau tournant et dont la vitesse est modulée grâce à une pédale. Cet effet tire donc son efficience de la fonction mécanique). L’effet est saissisant, le son se répandant par vagues. Mais mieux : tout comme les Doors en leur gloire californienne, Trotignon joue les parties de basse sur un de ses claviers et ç’en est totalement BLUFFANT!
Bien sûr, Stefano di Battista a envoyé un déluge de notes (alternant pour un ou deux morceaux au soprano), duettisant sans relâche avec son compère Fabrizio! Le duo formait vraiment un moteur du groupe, dont on pourrait se dire, moyennant deux bonnes œillères, que la musique est produite par six ou sept musiciens. Il n’en est rien!
À signaler : la sortie de l’album Trouble Shootin’, que cette tournée illustre.
